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Travaux paysagers

Les alternatives aux pesticides

Il est de plus en plus possible, aujourd’hui, de se passer partiellement (voire totalement) de l’usage des phytopharmaceutiques. C’est même une volonté de l’Etat en France, inscrite dans le Grenelle de l’Environnement au travers du plan Ecophyto : arriver à réduire de 50% l’utilisation des pesticides d’ici à l’an 2018.

Les services techniques des collectivités sont de plus en plus nombreux à recourir à des méthodes de travail alternatives, pour réduire les quantités de pesticides utilisés pour les espaces verts.

Comment faire pour utiliser moins de phytopharmaceutiques dans les travaux paysagers ?

Des actions à mener en amont

Le choix des végétaux

Il est intéressant de préférer des espèces végétales adaptées au contexte local (climat, sol…), qui vont mieux résister aux diverses agressions, maladies et intempéries. Il faut aussi favoriser la diversité des végétaux en multipliant les espèces. Ainsi, lorsqu’une espèce subit une maladie ou une agression, les autres plantes ne sont (souvent) pas touchées.

Laisser de la place à la végétation spontanée

Les herbes "folles" ne sont pas forcément à considérer comme l’ennemi public n°1. Au contraire, le fait de favoriser des espèces végétales locales qui poussent plante_rhododendronnaturellement contribue au maintien de la biodiversité. Une collectivité peut donc déterminer des zones où les "mauvaises herbes" ne seront plus enlevées, et après acceptation de la population, étendre progressivement ces zones.

Le temps gagné à ne pas enlever certaines mauvaises herbes peut servir à réaliser d’autres travaux.

Changer de méthodes

Les produits chimiques ont comme avantage de simplifier la vie des professionnels, en leur faisant gagner du temps. Mais à quel prix : pollution des sols et des cours d’eau, émission de molécules volatiles dans l’atmosphère, atteintes à la santé des paysagistes et techniciens… Le jeu en vaut-il réellement la chandelle ?

Le désherbage mécanique et manuel

Le désherbage manuel est à nouveau utilisé. Les techniques de désherbage mécanique : à la balayeuse mécanique, à brosses rotatives ou à sabots rotatifs. Les graines adventices qui pourraient germer sont ainsi balayées et éliminées.

Quant à l’arrachage manuel, il permet d’éliminer sélectivement les plantes les moins désirables tout en laissant en place d’autres herbes qui poussent naturellement.

Le désherbage thermique

D’autres méthodes de désherbage existent : les désherbeurs thermiques au gaz, à la vapeur d’eau ou à la mousse (composée d’eau et de produits naturels : coco, maïs). Les cellules végétales éclatent sous l’effet du choc thermique. Equipés d’un cône d’application, ils permettent un travail fin et sélectif. La machine de désherbage à mousse peut être achetée ou louée, ce qui peut être pratique pour réaliser des essais avant d’investir.desherbeur_thermique

Ces techniques consomment néanmoins de l’énergie (et beaucoup d’eau pour la technique à la vapeur), et ne sont donc pas sans impact sur l’environnement. A savoir également : le désherbage alternatif implique un budget plus important pour la collectivité que l’usage de pesticides conventionnels (temps de travail augmenté, investissements).

Recourir à la lutte biologique

La nature a déjà souvent inventé des systèmes de défense contre certains agresseurs ; autant préférer ces méthodes pour lutter naturellement contre certains envahisseurs. L’exemple le plus connu est celui des coccinelles, des syrphes ou des chrysopes qui se nourrissent des pucerons. Mais il en existe d’autres : l’emploi de Bacillus thuringiensis contre la chenille processionnaire du pin, l’aspersion d’eau chaude et d’huiles essentielles pour limiter la prolifération des tigres du platane...

paillage_du_pied_dun_buissonLe paillage

Le paillage empêche nombre de plantes indésirables de pousser. Rappelons qu’il a aussi comme avantages de limiter l’évaporation en période chaude et sèche, ce qui limite les besoins en arrosage, et que dans une certaine mesure, il préserve les pieds des plantes du gel.

Sensibiliser les clients et usagers

Sans explications, les méthodes alternatives aux pesticides ont peu de chances de fonctionner durablement. C’est pourquoi il est indispensable de sensibiliser aussi bien les clients que les usagers des espaces publics à cette thématique : des explications orales et/ou écrites (panneaux, plaquette d’information dans le bulletin municipal…) leur montrent l’importance de réduire l’usage des phytopharmaceutiques. Il est essentiel d’expliquer pourquoi les espaces verts ont peut-être l’air "moins propres", et de relativiser cette notion pour faire évoluer les mentalités.

Il y a aussi certains points sensibles à ne pas négliger. Les cimetières en sont le meilleur exemple : les gens acceptent très mal qu’un cimetière ait un aspect négligé. C’est donc le dernier endroit où on continue à utiliser des phytopharmaceutiques, pour éliminer toutes les mauvaises herbes.

Former les professionnels

La formation des professionnels est également très arrachage_manuel_mauvaises_herbesimportante, car ces méthodes alternatives représentent de gros changements pour eux aussi. Il est important de leur montrer qu’il ne s’agit pas d’un retour en arrière car c’est souvent ressenti ainsi, mais qu’il s’agit au contraire d’une évolution de leur métier pour être plus en phase avec les notions de développement durable. Il est surtout important de leur montrer les avantages d’utiliser moins de phytopharmaceutiques pour leur santé.

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